Contribution au débat sur la démocratie burkinabè – Lettre ouverte du CREDESA au Président du Faso
Note stratégique1 avril 2026Par Jean Charbel HOUENOU

Contribution au débat sur la démocratie burkinabè – Lettre ouverte du CREDESA au Président du Faso

Dans une lettre ouverte adressée au Président du Burkina Faso, le CREDESA propose une réflexion sur la démocratie réelle, la révolution du bon sens et les perspectives de collaboration pour consolider la gouvernance en Afrique.

Objet : Contribution au débat autour de la démocratie burkinabè et perspectives de collaboration

Cotonou, Avril 2026

Monsieur le Président,

Je suis particulièrement honoré de vous adresser cette lettre, car depuis quelques années déjà, vous vous êtes fixé pour mission de faire entrer le Burkina Faso dans l'histoire. L'histoire, Monsieur le Président, c'est souvent la révolution du bon sens que vous incarnez ; c'est aussi la défense du droit à la vie que vous portez en luttant contre le terrorisme et en traçant, dans une Afrique menacée, un chemin d'espérance pour vos compatriotes.

Monsieur le Président, ce que vous appelez révolution, je me permets de l'interpréter comme l'expression d'une démocratie réelle. En effet, la finalité d'une révolution est la satisfaction des besoins fondamentaux de l'homme, et la finalité d'une démocratie est que l'homme vive dans un État qui lui offre sécurité, dignité et espérance. Ces deux dynamiques, loin de s'opposer, peuvent se compléter et se renforcer mutuellement.

Révolution et démocratie : les mêmes exigences

Vous avez affirmé qu'un révolutionnaire doit réunir trois qualités : l'amour de la patrie, qui rejoint l'idée de vertu ; la connaissance, qui préserve l'humanité de l'obscurantisme ; et enfin l'horreur de l'oppression. La démocratie partage ces mêmes exigences. Elle appelle à l'émergence d'hommes et de femmes vertueux, à l'élévation de l'idéal républicain et à la primauté de l'État sur les intérêts particuliers.

Dans une démocratie, nous parlons également du travail, de la justice, de la lutte contre la pauvreté, de la santé, de l'emploi, de la croissance, du pouvoir d'achat, de l'industrialisation, de l'éducation et de l'indépendance. Comme vous le voyez, la démocratie touche au cœur même de l'État et de la société. Elle n'interdit pas la transformation ; elle ne refuse pas la révolution ; bien au contraire, elle en trace les sillons et constitue un cadre structurant pour l'action.

Monsieur le Président, le Burkina Faso, à l'instar de nombreux pays de la sous-région, a besoin d'une révolution du bon sens, porteuse d'espérance démocratique. Partout, les citoyens africains aspirent à croire qu'il est possible d'être heureux sur notre continent et d'atteindre le bien-être par le travail. Oui, le travail, car la démocratie repose sur une responsabilité collective faite d'effort, de mérite et de talent. Dans une démocratie, la promotion sociale n'est pas un acquis automatique ; elle est le fruit du labeur et de l'engagement.

« La démocratie à laquelle je crois rejette l'assistanat, mais elle appelle à la solidarité. Plus que jamais, nos États doivent coopérer pour créer un véritable vent de changement. Mon triptyque indissociable est le suivant : démocratie - développement - prospérité. »

Les réformes engagées : une dynamique prometteuse

Depuis votre arrivée aux responsabilités, vous avez engagé une lutte déterminée contre la corruption, renforcé l'autorité de l'État et fait de l'éducation une priorité nationale. Ces orientations traduisent une volonté de poser les bases d'une gouvernance plus responsable et plus proche des aspirations populaires. Elles constituent, à bien des égards, les prémices d'une dynamique démocratique enracinée dans les réalités africaines.

La dimension humaine : l'essentiel

Toutefois, dans cette phase de construction, il importe de ne jamais perdre de vue l'essentiel : l'humain. Le développement ne se résume pas aux infrastructures ; il repose avant tout sur la formation et l'épanouissement des femmes et des hommes qui composent la nation. Construire une société durable, c'est d'abord construire des citoyens responsables, conscients et engagés.

Permettez-moi, à cet égard, d'évoquer une image inspirante : l'histoire de Saint François, à qui il fut demandé de reconstruire l'Église. Il commença par ériger des bâtiments, avant de comprendre que sa mission première était de prendre soin des hommes et des femmes. Cette dimension humaine et spirituelle éclaire, me semble-t-il, la profondeur de toute mission de transformation politique.

Proposition de collaboration du CREDESA

Monsieur le Président, dans cet esprit, le CREDESA SARL, cabinet de réflexion stratégique dédié à la démocratie et à l'évolution des sociétés africaines, souhaite contribuer au débat intellectuel et institutionnel autour d'une démocratie adaptée aux réalités africaines. Notre démarche vise à accompagner les États dans la consolidation de modèles de gouvernance conciliant stabilité, participation citoyenne et développement durable.

À ce titre, nous serions honorés de pouvoir mettre notre expertise à disposition pour nourrir la réflexion sur l'enracinement d'une démocratie pragmatique, inclusive et tournée vers la prospérité des peuples africains. Le Burkina Faso, par son histoire et les défis qu'il relève, constitue un terrain particulièrement pertinent pour cette réflexion commune.

Je vous adresse, Monsieur le Président, l'expression de mes plus profonds respects et mes encouragements pour la poursuite de votre engagement au service du peuple burkinabè et de l'Afrique.

Pour le Cabinet CREDESA SARL,

Jean Charbel HOUENOU

Juriste Publiciste, Gérant du Cabinet CREDESA SARL

République du Bénin, Cotonou, Avril 2026

JH

Par Jean Charbel HOUENOU

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